Votre récupération est jetée?


Le Journal de Montréal titrait en première ce matin «Votre recyclage au dépotoir».  Bon, ça y est, on s’en doutait, on fait tout cela pour rien!  À première vue, effectivement, la chose est assez désolante…

Ce qui peut paraître plus inquiétant encore, comparativement aux légendes urbaines colportées il y a quelques décennies, c’est que le problème ne semble pas sporadique mais structurel.  Mais attention, rien de tout noir, rien de tout blanc.  Nous avons collectivement choisi (ou négligé de choisir) ce qui nous arrive.

Soyons clair, il y a des cas plus problématiques que d’autres.  Comme ailleurs, on trouve toutes les couleurs de l’arc-en-ciel…  Je n’ai toutefois pas l’intention de disséquer le meilleur du pire.  Le problème est selon moi plus fondamental.

Mille considérations devraient être prises en compte.  Et la polarisation que semble prendre le débat les occulte complètement.  Je rappelle simplement quelques faits:

  • Nous avons fait le choix collectivement voilà quelques années de collecter et récupérer pêle-mêle nos déchets recyclables.  Plus facile!  Les résultats le prouvent: la population récupère plus suivant ce mode.  Mais le chaos que nous créons dans le bac (de tout mélanger sans autre considération) nécessite des efforts additionnels pour les séparer par la suite.  Y sommes-nous arrivés?  Pas sûr…
  • Nous devrions consentir plus d’énergie à trier, mais nous cherchons paradoxalement à en diminuer la charge économique, les poches des contribuables n’étant pas sans fonds. De plus les sources de financement étaient, jusqu’à récemment, plutôt rares.  On a donc tenté de faire des miracles avec presque rien.
  • Et pour faire des miracles avec presque rien, nous avons souffert de l’euphorie de la pensée magique.  Nous nous sommes convaincus qu’avec plus de volume et le développement technologique, nous ferions beaucoup plus avec beaucoup moins.  Nous avons effectivement fait beaucoup de progrès.  Mais aujourd’hui, nous nous trouvons avec des technologies très dispendieuses malgré des contrats octroyés au plus bas soumissionnaire souffrant d’un manque de financement.
  • Du volume, on en veut!  La règle dictée au citoyen: «Vous n’êtes pas certains que c’est recyclable, mettez-le dans le bac!»  Et on reproche par la suite au centre de tri d’avoir des taux de rejets plus haut…
  • Transporter des matières en Asie est un non sens.  Effectivement!  Mais je vous rappelle qu’il n’existe pas de système qui reconnaisse cette aberration et qui traduise économiquement l’émission de carbone.  Alors, est-ce au centre de tri d’en assumer seul cette charge?

Les centres de tri sont forcés de tourner les coins ronds.  Plus de volume, moins de qualité et la recherche du marché de la revente le plus haut possible.  Ils ont certes à prendre leur part dans tout le débat qui a cours, mais j’hésite à croire qu’ils en sont les seuls responsables.

Beau débat et nous n’avons pas fini d’en discuter.  Nous avons choisi la solution la plus économique, assumons maintenant nos choix. Les centres de tri travaillent avec les moyens qu’ils ont et agissent simplement pour éviter leur perdition.  C’est comme l’eau, elle prend toujours le chemin le plus facile pour parvenir à la rivière…

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2 commentaires to “Votre récupération est jetée?”

  1. Tu as tout a fait raison sur toute la ligne, c’est vrai que nous aimons prendre le chemin le plus court « FACILE » maintenant que nous sommes au courant de ce qui se passe, nous pourrions essayer d’avoir un peu d’aide financière ou autre pour être en mesure de pouvoir continuer le travail déja commencé. Ce n’est pas la fin du monde, ce que nous avons pu eliminer des sites d’enfouissement est au moins une bonne nouvelle, certe il va falloir en faire plus mais il faut de l’aide.

    CE QU’IL FAUT C’EST ÉDUQUER LA POPULATION DU PROBLÈME QUE VOUS VIVEZ PRÉSENTEMENT!!!!!

  2. J’ai eu l’opportunité de visiter quelques centres et à chaque fois,
    j’ai constaté le défi que représente le tri des matières, des points de vue humain, technologique et financier.
    j’ai pris conscience, comme citoyenne, de l’importance de ne placer dans le bac, que les matières acceptées et de façon appropriées.

    Le rôle de la presse, d’allerter, de provoquer est parfois bénéfique. Toutefois, celui d’éduquer est tout aussi important. Le journaliste qui titrera « J’ai passé quelques heures dans un centre de tri », surprendra sûrement ses lecteurs, mais en les responsabilisant davantage sur leur implication dans tout ce processus de récupération et de valorisation.

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