Archive for ‘Déconstruction’

12 octobre 2010

Déconstruire, en cinq questions!

J’avais écris un article récemment sur les cinq étapes simples pour amorcer une réflexion sur la gestion de ses matières résiduelles pour les organisations.  C’est une approche qui nous couvre pas tout le spectre des enjeux qui touchent nos déchets, mais il s’agit, selon moi, d’un bon départ.

J’ai une demande qui m’a été faite la semaine dernière au sujet d’un projet de déconstruction résidentielle.  Comment aborder la chose?  La démarche s’apparente à celle relatée ci-haut, mais des nuances méritent que j’en traite ici distinctement.  Encore une fois, de mon avis, il n’y a pas de recette miracle.  Toutefois, il y a, selon moi, cinq questions qui sont opportunes de se poser pour ne pas se perdre.  

  1. Quels sont les objectifs que je poursuis une fois que nous déterminons que les travaux de déconstruction ou de démolition doivent être fait?  Le plus de récupération possible?  Le plus bas coût possible?  Favoriser le réemploi, le recyclage?
  2. À quelles contraintes suis-je soumis?  Délais de temps serrés? Espace restreint? Enveloppe budgétaire déterminée?  Capacité à planifier et/ou effectuer les travaux par soi-même ou en impartition?  Besoin d’une traçabilité adéquate pour reddition de compte?
  3. Quels seront les outils nécessaires pour intervenir?  Démolition?  Démolition sélective?  Déconstruction (démantèlement)?
  4. Quelles sont les ressources nécessaires et disponibles?  Qui sont les spécialistes dans ma région?  Quelles sont les options pour recycler nos matériaux?  Petite plog: le site du 3R MCDQ est une mine de renseignements par son répertoire des membres…
  5. Qui sera le maître d’œuvre?  À qui échoit la responsabilité du projet et des différentes interventions qui le composent?  Projet «clé en main»? Travaux sous-traités mais écoulement des matériaux assumé par le propriétaire?

 Que des questions…  Mais bon,  les bonnes réponses viennent souvent des bonnes questions!

Sûrement, y a-t-il d’autres considérations à prendre en compte…  l’idée est de bien cerner ce qui caractérisera notre intervention pour ne pas en échapper des bouts!

J’attends vos réactions!

7 septembre 2010

Nous détestons faire comme les autres!

Il faut bien l’admettre, notre secteur d’activités ne carbure pas aux innovations comme le ferait par exemple les technos.  Néanmoins, pour nous, faire toujours la même chose, c’est l’ennui!   Nous avons bien introduit la collecte systématique du carton, puis de la collecte sélective, puis encore celle du compostage il y a de cela quelques années dans les industries, commerces et institutions de la région, mais depuis, plus rien.  En tout cas, rien de neuf.

Le secteur de la construction et de la rénovation, lui, n’a pas non plus été choyé par notre originalité.  Il y a dix ans (à quelques mois près), nous construisions le premier centre de tri en Estrie pour récupérer les matériaux.  Le but: ne rien changer sur le chantier…  C’est bien, mais il est sûrement temps de faire mieux.

Un constat et deux conversations m’ont convaincu qu’il était précisément temps de changer:

  • Les entrevues menées auprès de nos clients entrepreneurs démontrent clairement qu’ils subissent une très forte pression pour réduire leurs coûts et améliorer leur image verte.  Nous avons certainement un rôle à jouer;
  • Un client m’appelle ce printemps pour me demander s’il pourrait récupérer sur le chantier.  Les clients n’apprécient pas voir qu’ils font des efforts pour récupérer leurs déchets d’un côté, et que de l’autre, de pleins conteneurs sont expédiés directement (du moins en apparence) directement à la décharge;
  • Un entrepreneur, quelques semaines plus tard, m’exprime toute la frustration qu’il ressent de mélanger dans un conteneur des matériaux qui ne l’étaient pas sur le chantier.  Et pour rajouter l’insulte à l’injure, je lui facture plus cher ses matériaux pour… les démêler!

Et que ceux qui disent que les mentalités ne changent pas…

Nous débutons donc ces jours-ci une expérience.  Nous partons de l’hypothèse que certaines matières seraient mieux récupérées au chantier ou en industrie et que les efforts seront compensés par la valeur des matières récupérées.  Et surtout, nous croyons que les entreprises veulent récupérer.  Résultat: à partir d’un modèle d’un de nos fournisseurs, nous avons conçu un prototype de conteneur à deux compartiments.

Ce prototype est déjà en essai sur le seul chantier convoitant l’accréditation LEED à Sherbrooke, et cinq répliques sillonneront la région au cours des prochains jours pour recueillir les impressions des usagers.

Est-il adapté? Saura-t-il intéresser d’autres marchés?  Est-ce une réponse au client de nos clients?  Sont-ils de la bonne couleur?  (Les prototypes viendront en vert, bleu et rouge…)  Les prochains mois nous le dirons.

Et vous, qu’en pensez-vous?  Comment voyez-vous cette solution?  Vos commentaires seront analysés en détails.  Après tout, un jour ou l’autre, c’est vous qui l’utiliserez, non?

22 juin 2010

L’occasion de prêcher par l’exemple…

Après avoir vu le centre de tri pratiquement détruit par les flammes, une bonne partie des équipements et du bâtiment ont été expédié à la ferraille.  Le métal était alors destiné au recyclage.  Ça, c’est la voie facile.  Presqu’autant que de les éliminer.

Mais nous pouvons augmenter l’effet positif de nos actions sur l’environnement en respectant la hiérarchie des 3RVE.  Ainsi, plutôt que de recycler, nous souhaitions réutiliser la structure toujours érigée. 

Belle occasion de faire ce que nous proposons à nos clients.  Nous avons donc démantelé, par l’entremise d’une entreprise spécialisée, pièce par pièce l’édifice.  Cette technique a permis de préserver l’état des poutrelles et autres éléments architecturaux.

Le métal sera utilisé pour des travaux divers ne nécessitant pas une calibration exacte pour la structure  (la surchauffe a sans aucun doute altéré ses propriétés) ou le revêtement de bâtiments secondaires.  Néanmoins, le réemploi s’est avéré un gros plus.

Les gains sont évidents: réduction de l’énergie pour le transport à l’aciérie et pour la refonte, usage de pièces de métal évitant l’achat de matériaux neufs et diminution des coûts.

Alors que le recyclage commence à s’intégrer dans nos pratiques, la réduction à la source et le réemploi demandent encore réflexion.  Il n’en demeure pas moins qu’on y trouve les meilleures opportunités de mise en valeur.