Posts tagged ‘achats responsables’

1 février 2011

Écologique ! Vraiment ?

Écologique, 100 % biodégradable, sans danger pour l’environnement, sans phosphate, recyclable, non toxique. La publicité verte a littéralement explosé et l’offre de produits « verts » a augmenté de 73 % au cours de la dernière année. Mais ces produits sont-ils réellement plus écologiques?

L’organisme TerraChoice a identifié les « Sept péchés du Greenwashing » (ou péchés de mascarade écologique) :

  1. Compromis caché : On attire l’attention sur un aspect écologique en passant sous silence que certaines composantes sont nocives ou que le procédé de fabrication est polluant.
  2. Absence de preuve : Prétention «verte» sans preuve ni validation par une tierce partie.
  3. Imprécision : Allégation si vague qu’elle perd toute signification. Exemple: «100% naturel » ou «écologique».
  4. Culte de l’étiquette mensongère : On appose un logo qui s’inspire fortement de ceux émis par de véritables organismes de certification, ce qui laisse croire qu’il a été agréé par une tierce partie.
  5. Non-pertinence : On mentionne l’absence d’une substance nocive alors qu’il n’en n’a jamais contenu ou que celle-ci est interdite. Exemple: « sans CFC ».
  6. Moindre de deux maux : Allégation qui démontre le côté plus « vert » d’une catégorie de produits non-écologiques. Exemples: cigarettes biologiques, VUS économe de carburant.
  7. Affabulation ou mensonge : Une prétention carrément fausse.

Selon le rapport 2010 de TerraChoice, 95 % des 5 296 produits dits « verts » évalués au Canada et aux États-Unis commettent un ou plusieurs des sept Péchés de mascarade écologique.

On doit donc développer son sens critique et faire preuve de vigilance et de discernement. Voici quelques pistes pour mieux s’y retrouver :

  • Choisir des produits certifiés par des organismes reconnus.
  • Vérifier qui est l’organisme de certification des nouveaux logos.
  • Développer un esprit critique. Se questionner sur le cycle de vie du produit(provenance, durabilité, contenu, emballage, recyclabilité, etc.)
  • Dénoncer des publicités fausses ou trompeuses auprès du Bureau de la concurrence au 1-800-348-5358 ou par courriel à burconcurrence@bc-cb.gc.ca

 Pour plus d’information :

Par Monique Clément, B.Sc. DGE
Conseillère en environnement

19 octobre 2010

Notre petit comfort

Nous, les Nord-américains, nous sommes très préoccupés par notre petit confort et nous ne nous soucions guère des impacts de notre mode vie sur l’environnement. Ainsi, chaque jour, nous achetons des produits plus ou moins utiles et produisons des tonnes de déchets qui disparaissent comme par magie le jour de la collecte. 

 Nous nous transportons, un à un, dans des véhicules composés de différentes matières sans se préoccuper des ressources naturelles qui ont été nécessaires à leur fabrication.  Nous ne savons pas vraiment comment les matières premières ont été exploitées et transformées, de l’énergie requise, des rejets à l’atmosphère et des déchets que le procédé a générés. Tout ça nous importe peu! L’important, c’est que le moteur tourne rondement!

 Lorsque la jauge d’essence l’indique, nous arrêtons faire le plein dans l’une de ces centaines de stations service en chialant que le prix a encore augmenté.  Là encore, nous ne nous soucions aucunement d’où provient ce pétrole ni de combien de canards sont morts après avoir pataugés dans les étangs toxiques liés à l’exploitation, des terres et des forêts qui ont été sacrifiés, etc.  Non, ça ne nous effleure même pas l’esprit! 

Nous croyons pouvoir tout obtenir et tout réparer moyennant un peu d’argent. Nous agissons comme si les ressources étaient illimitées. Tout nous est permis pour subvenir à nos besoins, réels ou imaginaires, et pour assurer notre petit confort. 

Puis un beau jour, assis confortablement dans notre divan synthétique fabriqué en Chine, en regardant le bulletin de nouvelle sur notre cinéma maison, rempli de métaux lourds, nous nous apercevons que la planète va mal… Alors nous ne comprenons pas trop comment nous en sommes arrivés là. Et malgré l’envergure des problèmes, nous ne nous sentons pas encore vraiment concernés. Tant que l’eau de notre robinet sera potable et tant qu’un déluge n’aura pas emporté notre maison et dérangé notre petit confort, ces problèmes ne nous concerneront pas tout à fait. 

De plus, nous nous sentons tellement impuissants face à ces grands problèmes environnementaux.  Nous blâmons le gouvernement, les États-Unis, les pétrolières, les industries et même le bon Dieu.  Les problèmes de la planète sont tellement grands, comment, en tant que simple individu, pouvons-nous faire une différence? 

Pourtant, nous faisons tous partie de la solution, tout comme nous avons tous contribué au problème.  En tant que consommateurs et en tant que citoyens, nous avons un réel pouvoir de changer les choses.  Chaque choix de consommation est un vote.  Chaque petit geste compte, aussi petit soit-il.  N’est-ce pas comme cela que nous avons rendu la planète malade… un sac de déchet à la fois… un litre d’eau usée à la fois…. un plein d’essence à la fois…

Par Monique Clément, B.Sc. DGE
Conseillère en environnement

30 juillet 2010

Vous avez plus de pouvoir « vert » que vous ne le croyez!

C’est en lisant le commentaire émis la semaine dernière sur un de mes articles que j’ai réalisé que nous avons probablement plus d’impact qu’on ne le croit.  J’ai à maintes reprises constaté qu’il n’était pas nécessaire d’avoir l’autorité officielle pour influencer une décision.

Est-ce que cela ce fait sur « un coup de gueule »?  Certainement pas!  Il faut un minimum de préparation.  Mais avec un peu d’effort et des arguments bien campés, vous risquez fort bien de faire bouger les choses.  Et si vous croyez que le décideur prend position uniquement selon ses intérêts, vous devrez m’expliquer pourquoi autant de parents mangent au restaurant McDonald…

Sérieusement, nous avons fréquemment d’abord été contactés par les employés pour connaître les possibilités de récupération sur leur lieu de travail.  Ils avaient encaissé un, deux, voire trois refus de leur patron auparavant.  Et pourtant, en démontrant, avec notre aide, la facilité et les économies d’un programme de récupération, dans la plupart des cas, les dirigeants.

Ce n’est pas que les entreprises sont systématiquement réfractaires au recyclage.  Mais l’ajout de tâches additionnelles répugnent la direction lorsque l’on est déjà submergé de travail.  Un bon projet ne devrait pas occasionner plus de travail, mais devrait permettre de travailler différemment.

Un jour, un client du domaine de la restauration nous appelle.  Il nous supplie de lui trouver une solution: il n’en peut plus d’entendre son plongeur (laveur de vaisselle) lui parler de récupération.  Le lendemain, nous livrons un conteneur.  Le laveur avait, si je me souviens bien, 15 ans…

Un propriétaire de bar nous demande, il y a quelques années de livrer quelques bacs de récupération, sans s’informer du prix!  Il en était venu à avoir pitié d’une serveuse qui ramenait, à quatre heures du matin, quelques 300 bouteilles de verre par semaine chez elle.

Dernier exemple en date, la semaine dernière, à la signature de nos rapports financiers annuels, notre comptable s’est présenté avec des documents imprimés recto-verso pour la première fois en quatre ans!  Et en un seul exemplaire en plus!  Avant d’imprimer notre version, il m’a demandé si une copie électronique ferait l’affaire.  Ça aura pris quatre ans…

Vous croyez que vous n’avez pas de pouvoir au plan environnemental?  Dites-le moi sans rire…