Posts tagged ‘compostage’

5 octobre 2010

Seules les grandes entreprises peuvent bien récupérer? Attendez un peu…

Pierre Bolduc, propriétaire de l'ÉcoloboutiqueParce qu’elles subissent des inconvénients importants par la masse considérable de déchets qu’elles génèrent ou des coûts que ces derniers engendrent, ou encore parce que leurs clients le voit d’un mauvais oeil, les entreprises (surtout de taille importante) ont déjà pris le virage «récupération».  Pour les petites organisations, la transition est beaucoup plus difficile…  Malgré tout, certaines le font de manière exceptionnelle!

Question de rendre visite à un ami, je me rends à l’Écoloboutique, son entreprise dont il rêvait depuis longtemps.  Le rêve devenu réalité, Pierre Bolduc vit à plein ses convictions environnementales.  Nous nous sommes rencontrés au moment, lorsque Pierre, dans ses occupations précédentes a sollicité l’appui de Gestion Ressources Richer pour supporter son programme de gestion de matières résiduelles.

Après avoir fait le tour de la boutique, où chaque élément a été pensé (meubles récupérés, étales en bobine industrielle en bois, comptoirs faits de portes récupérées), il m’amène faire un tour dans son bureau.  Je le surnommerais plutôt son QG (Quartier Général) du recyclage!

Mais ce n’est pas l’accumulation des matières résiduelles recyclables qui a retenu mon attention.  C’est plutôt le registre qui compile les activités de récupération.  Une merveille de simplicité!  Cela contraste avec ce que je vois couramment (et je m’en confesse, avec ce que je fais parfois dans ma propre entreprise)… Vous le savez, il faut bien faire les choses en grand lorsque nous mettons quelque en place: chiffrier électronique, graphiques, etc.  Pour Pierre, rien de cela.

En fait, afin de faire le suivi des matières recyclable de l’Écoloboutique, son propriétaire a tout bêtement disposé les étiquettes de pesée ou leur résultat de chacun des sacs et matières sur une grille préparée manuellement (des fiches de dossier récupérées, évidemment!).  Une bonne leçon de Lean manufacturing, connu sous le nom de  Système Toyota!  Ce système et cette disposition possède trois avantages indéniables, peu importe le type d’entreprise qui l’utilise:

  1. Compilation des données de récupération dans une grille affichéeNe génère pas de travail additionnel et de délais associés à la prise de données;
  2. donne une information exacte sur les performances de récupération en temps réel (la grille est constamment mise à jour) et donne une rétroaction immédiate sur les écarts, s’il y a lieu;
  3. l’information est disponible à tous (gestionnaires, employés, etc) comme elle est compacte et peut être affiché à un endroit stratégique.

Terriblement simple…  Pas d’ordinateur, pas de paperasse, juste des résultats.  Un sage m’a déjà dit: «Ce qui ne se contrôle pas ne mérite pas d’être fait».  Il n’en est pas autrement pour la récupération.  Il faut savoir d’où nous partons, les progrès que nous réalisons et avoir l’assurance que nous maintenons le cap.  Or, aucune entreprise ne peut se permettre d’y consacrer toutes ses énergies, la récupération n’étant pas de son secteur d’activités principal.  Or, un système comme celui que Pierre Bolduc a mis en place donne d’excellents résultats avec un minimum d’efforts.

De ce type d’expérience, je suis friand.  L’appliquez-vous déjà dans votre organisation?  Des commentaires?  D’autres suggestions?  J’en prendrais encore et encore!

31 août 2010

Biodégradable ou compostable ?

Il existe beaucoup de confusion entre les sacs biodégradables et compostables.  Bien que ces termes semblent être des synonymes, il n’en est rien.  Voici ce qui les distingue et comment les reconnaître.  

Les sacs compostables sont généralement composés de fécule de maïs.  Pour être certifiés compostables, les sacs doivent se dégrader à la même vitesse et dans les mêmes conditions que les matières organiques et ne laisser aucun résidu. Les sacs compostables sont généralement certifiés par des organismes indépendants et comportent l’un des logos suivants.

 Le procédé de compostage dure généralement 6 mois.  Toute matière qui prend plus de temps à se dégrader devient un contaminant.  Bien sûr le compost est tamisé à la fin du procédé, mais la quantité de sacs de plastique rend tâche très difficile et très onéreuses. De plus, la présence de corps étrangers peut grandement compromettre la qualité du compost.

Les sacs (oxo)biodégradables sont fabriqués de polyéthylène, tout comme les sacs de plastique conventionnels, et comportent souvent le triangle de plastique numéro 2 ou 4. Un additif est simplement ajouté afin qu’ils se dégradent plus rapidement en présence de lumière (ou de chaleur) et d’oxygène. Ils prennent cependant plus d’un an à se décomposer complètement dans les conditions optimales.  Ils ne sont donc pas compostables. En fait, les sacs biodégradables offrent très peu de gains environnementaux : ils sont réutilisables pour un temps limité seulement; ils ne sont ni compostables, ni recyclables. Comment fabriquer des produits recyclés durables à partir de plastique biodégradable? C’est incohérent. Dans le site d’enfouissement, les sacs biodégradables ne se dégraderont pas non plus car les conditions nécessaires (oxygène et lumière) ne sont pas au rendez-vous.  Le seul avantage de ces sacs est que s’ils se retrouvent dans la nature, ils se dégraderont en quelques années plutôt qu’en 400 ans ! 

Seuls les sacs certifiés COMPOSTABLES sont acceptés dans les programmes de compostage municipaux.  Il est cependant recommandé de vérifier auprès de sa municipalité,  acceptent seulement les sacs de papier afin de limiter la confusion des sacs biodégradables.